La République - le mot, l'idée et la chose - occupe désormais une place quasi-rituelle dans les discours, les articles, les livres, les proclamations... et les tweets des responsables politiques, politologues, sociologues, philosophes, chroniqueurs... et blogueurs. Ce recours référentiel et révérenciel aux valeurs inscrites dans les deux premiers articles de notre Constitution se veut rappel et avertissement. Adressés à qui, finalement? Aux Français, bien entendu. À tous les Français ? Apparemment. Mais souvent, et d'abord, à ces "Français" qui ne sont pas assez "républicains". Et donc, peut-être, pas assez français... La République "universelle" est parfois exclusive, sinon excluante.
L'omniprésence du mot a ainsi pour corollaire la polysémie, l'ambiguïté - parfois volontaire - ou le flou, que nous tentons ici, modestement, de dissiper. Car l'invocation générale à la "République" ne peut qu'interroger les professionnels de la communication publique qui composent l'association éditrice de PAROLE PUBLIQUE. D'où le questionnement, au verso de cet éditorial, que nous avons soumis à une variété, aussi représentative que possible, de penseurs, d'experts et de praticiens de la chose publique.
Pour faire droit à la polyphonie - la cacophonie ? - des points de vue sur cette république "indivisible" et si divisée qui constitue le cadre de l'action publique et de la vie quotidienne de nos compatriotes, un seul numéro spécial ne suffit pas. Nous publierons donc fin septembre COMMUNIQUER LA RÉPUBLIQUE 2, toujours en collaboration avec Bernard Wallon et Philippe Deracourt.
Est-il besoin de rappeler que les opinions émises dans les articles n'engagent que leurs auteurs ? Car la République est encore affaire d'opinions. C'est dire qu'elle reste un combat auquel nous voulons contribuer par le débat.