Alexandre Jardin
Écrivain, cofondateur du dotank Bleublanczebre.fr
Alexandre Jardin, écrivain, cofondateur du dotank Bleublanczebre.fr
Écrivain, cofondateur du dotank Bleublanczebre.fr
Qui en France cherche encore la joie des citoyens? Or la République sans une joie populaire, ce n'est plus la République ; c'est une sale histoire qui peut mal se terminer.
Alors, je nous accuse d'avoir tous accepté, au fil du temps, que sept grandes fractures brisent le corps de la France. De nous être collectivement résignés au chômage de masse; au mal logement d'une part vertigineuse de nos concitoyens ; à ce qu'une partie ahurissante de notre peuple ne puisse plus se nourrir correctement ; de tolérer que les courageux soient découragés, que notre naufrage éducatif détruise l'avenir professionnel de nos enfants et que les minimums essentiels ne soient plus des minimums depuis longtemps déjà. De n'avoir pas effectué, en réalité, la transition énergétique. De trouver normal que la parole politique n'engage plus.
Enfin, je nous accuse d'avoir oublié que nous sommes un grand peuple libre qui n'aurait jamais dû se soumettre lâchement à mille normes débiles qui, dans tous les domaines, freinent désormais la moindre activité sur la terre de France. Et je nous accuse tous de continuer à espérer je ne sais quel homme providentiel au lieu de ne compter que sur nous, les citoyens !
La solution c'est nous
En sommes, le problème c'est nous. Donc, la solution c'est nous. Qu'on se le dise : nous, Français, sommes assez libres pour raisonner en-dehors du cadre dans nos territoires quand à Paris cela ne fonctionne plus. J'ose croire que nous serons capables de tirer parti de notre génie. Pour guérir chaque grande fracture tricolore il y a aujourd'hui dans toutes nos régions des citoyens à l'œuvre, des courageux actifs qui règlent nos problèmes non pas à notre place mais avec nous.3,5 millions de gens dépendent-ils actuellement de l'aide alimentaire pour survivre ? Les 300 épiceries solidaires du réseau de l'ANDES nourrissent 1,5 million de personnes en respectant leur dignité. Comment ? En les faisant payer 20 % du prix de leur panier. Pour qu'il y ait échange, respect et liberté du choix des aliments. Les épiceries solidaires passent à l'acte !
20 % de nos enfants entrent-ils au collège sans maîtriser l'écrit et la lecture ? L'association Lire et Faire Lire encadre 17600 bénévoles de plus de cinquante ans qui viennent transmettre le plaisir de la lecture dans les écoles primaires et maternelles de nos cent départements. L'idée est de vacciner ainsi les petits contre l'échec scolaire en pariant sur le lien entre les générations. Déjà 650 000 enfants sont pris en charge. Il y a aussi l'Agence pour l'Éducation par le Sport, présente dans quinze villes françaises parmi les plus dures, qui réinsère nos jeunes par le sport. Tous ces gens passent à l'acte dans leur commune au lieu d'attendre je ne sais quelle réforme venant d'en haut !
Le chômage de masse et de longue durée semble-t-il impossible à vaincre? L'association Solidarité Nouvelle face au Chômage (SNC) accompagne chaque année près de 6000 personnes dans cette situation, de manière individualisée. Les deux tiers d'entre eux retrouvent un contrat de travail au bout de dix mois.
Faizeux et Dizeux
Sur tous les sujets douloureux qui fracturent le pays, les solutions existent déjà et sont modélisées à grande échelle. La créativité de notre nation reste immense, portée par des associations culottées, des entreprises fonceuses, des fonctionnaires audacieux, l'économie sociale et solidaire et nos élus locaux qui, à portée de baffes de leurs concitoyens et plus démunis que jamais, sont bien des Faizeux à part entière ! Pas des Dizeux. Ces opérateurs ancrés dans nos terroirs, la nation peut réellement leur faire confiance car ils ne promettent rien : ils le font déjà ! Leur légitimité vient de leur bilan et du crédit moral acquis par l'action de terrain.
La solution, c'est nous. Refaisons partir la joie dans ce pays par en bas puisqu'il semble bloqué en haut, en pariant sur les vrais Faizeux de nos territoires, ceux qui se bougent déjà! C'est avec eux que nous mènerons une révolution solidaire, pragmatique et civique, loin des fractures politiques, en collaborant avec toutes les couleurs républicaines. Remplaçons vite l'imbécile principe de précaution par le principe de confiance! C'est l'audace qui a fait la France grande, pas la trouille.
Osons redevenir vite une grande nation de Faizeux! Laissez-nous faire ! Nous avons déjà commencé. La France ne peut plus se permettre de tout attendre d'un système sanctionné à chaque élection. La confiance ne se décrétera pas, elle se gagnera par l'action d'intérêt général, dans nos territoires, par l'action d'une nation adulte qui se prend déjà en main, une nation de réalisateurs qui agissent pour et surtout avec la société, et non à sa place, avant que le pire n'allume les rages françaises.
Roman national
Il ne dépend que de nous de renoncer à désespérer pour devenir acteur d'un nouveau roman national, de participer à l'immense co-construction de l'avenir du pays avec les maires de France, d'exiger de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger de nous laisser faire, partout où l'action de la société civile est déjà la plus efficace.
Laissez-nous faire, nous qui agissons au quotidien pour trouver des solutions performantes aux maux qui rongent notre société. Laissez-nous faire, nous les acteurs du monde associatif, mutualiste ou entrepreneurial qui donnons concrètement des outils aux Français pour qu'ils se prennent en main. Laissez-nous faire, nous les maires ruraux, les maires des grandes et petites villes qui faisons confiance en la société civile pour co-construire ensemble un avenir heureux pour nos enfants.
Laissez-nous faire, nous qui portons la voix d'une société civile adulte qui n'attend plus rien d'en haut mais se coltine la réalité en bas. Laissez-nous faire, nous qui œuvrons déjà dans nos communes. Laissez-nous faire, nous qui savons réconcilier par l'action civique les opinions les plus opposées. Laissez-nous faire, nous qui portons chacun une part de la solution. Et la France recommencera ! Notre pays a toujours été un État, il doit devenir une Société adulte.
Communiquer la République 2
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