Pierre Zémor - En 1989, dès après ma nomination au Conseil d'État. En 1990, je préside le jury du grand prix de Cap'Com et prépare un atelier sur la loi du 15 janvier 90, qui distingue le financement de la communication de gestion locale de celle des campagnes politiques. Comme le dit Dominique, on se bat depuis plus de 30 ans, depuis 1978 en fait, à la fin des 30 Glorieuses. On a intériorisé les difficultés de la crise et on s'interroge sur l'État protecteur. Les responsables de la communication publique d'État vont descendre de leur piédestal, prendre conscience du besoin de lien avec les citoyens : en 1978 et 79, des lois portent sur l'accès à l'information, la relation avec les administrés, la motivation des décisions, les enquêtes publiques, puis la concertation, jusqu'à la loi de 1995 qui crée la Commission Nationale du Débat Public.
DM - Autre élément de contexte, du point de vue des collectivités : au lendemain des élections municipales de 1977, les GAM (Groupes d'action municipale), Dubedout, Ayrault et d'autres maires donnaient la parole aux citoyens. Cette dynamique là est à l'origine d'une conception de la communication publique territoriale vecteur de lien social.
PZ - La naissance de l'association Communication publique s'inscrit dans un besoincollectif d'analyse des évolutions de la société. J'ai proposé que l'on crée un cercle, un club d'échanges d'expériences, avec une trentaine de personnes représentant les ministères, les collectivités, les corps constitués. Le siège social est au Conseil d'État, grâce à la complicité de Marceau Long, son Vice-président... Ce qui donne d'emblée une allure sérieuse.
DM - Je suis issue d'un journalisme basé sur l'idée que ce qu'on écrit doit être compris et faire comprendre de quoi il retourne.
DM – Les lois de décentralisation de 1982 vont considérablement augmenter les compétences des collectivités, partant le besoin de communiquer. La genèse de Cap'Com s'inscrit dans ce cadre : si salon à Valence il y avait, c'est parce que les territoires, qui découvraient la compétence économique, avaient besoin de se développer et de prendre la parole dans l'espace public. La communication de territoire - la création d'un salon national était un acte de communication - paraissait un levier de développement.
PZ - Il y a dès l'origine complémentarité entre Communication publique et Cap'Com. Communication publique donne une image de référence nationale, de l'application des lois et de la jurisprudence. On travaillait beaucoup avec les associations d'élus comme l'APVF ou l'AMF, en apportant une réflexion juridico-administrative sur la communication.